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Les mémoires meurtries de la partition de l’Inde

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Plus de 5 000 témoignages sur les violences commises en 1947 entre les communautés hindoue, sikh et musulmane lors de la création du Pakistan constitueront le fonds d’un musée qui doit ouvrir ses portes le 17 août.

Un camp de réfugiés en Inde, en octobre 1947.

Soixante-dix ans tout juste après l’indépendance de l’Inde et la création du Pakistan, le bain de sang de la partition de 1947 resurgit dans les mémoires des deux pays. Jeudi 10 août, l’université américaine Stanford a mis en ligne 4 300 témoignages de survivants, soit le plus grand fonds encore jamais réuni. Mille autres ont été recueillis par The Citizens Archive of Pakistan, une ONG qui prévoit de les présenter à la fin de l’année dans le cadre d’une exposition au Musée national de Lahore.

Un rescapé se souvient « des piles de cadavres entassés sur les quais de gare ». Un autre raconte comment des femmes avalaient de l’opium avant de se noyer dans les puits pour échapper aux viols ou aux conversions, ou comment leurs maris, leurs pères ou leurs frères les tuaient pour éviter que l’« honneur » de leur communauté ne soit souillé. Outre les suicides collectifs, des émeutes entre hindous, sikhs et musulmans menées par des militants extrémistes font des centaines de milliers de morts. On se tue à coups de hache, de sabres, de pieux. Des temples et des mosquées sont brûlés. Pendant des mois, ce déchaînement de violence jette sur les routes 15 millions de réfugiés. L’indépendance tant rêvée commence par un cauchemar. Une « monstrueuse vivisection de l’Inde », avait prévenu le Mahatma Gandhi à propos de la partition.

De 1 à 2 millions de morts

Cinq semaines avant la proclamation, de l’indépendance du Pakistan et de l’Inde, les 14 et 15 août 1947, les Britanniques envoient le vicomte Cyril Radcliffe dans le sous-continent pour tracer la nouvelle ligne de frontière. L’avocat ne connaît rien de la région, où il n’a même jamais mis les pieds. C’est précisément la raison pour laquelle les Britanniques, qui y voient là un gage de neutralité, l’ont nommé. Entouré de deux assistants hindous et de deux autres musulmans, l’homme effectue quelques déplacements, travaille sur ses cartes et dévoile la nouvelle frontière le 17 août 1947. Les régions…


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